Numéro 4

Numéro 4 (ou I Am Number 4) est un film complètement inutile. Un premier indice se situe dès le casting, avec la présence de Timothy Olyphant dont le meilleur rôle a été celui du shérif de la série Deadwood, et encore c’était loin d’être le plus charismatique. Bref, Olyphant c’est un peu le sous-Nicolas Cage qui doit déclencher des alertes dans le cerveau quand son nom apparaît.

Mais Numéro 4 n’est pas seulement un ratage dans la distribution (pas de grands noms, et pas de grands acteurs), c’est un effort global et surtout au niveau de son scénario « original ». Rendez-vous compte : c’est l’histoire d’un extra-terrestre d’apparence complètement humaine, jeune et beau et musclé (Superman), dont la planète est anéantie ou sur le point de l’être (Superman), qui se trouve dotés de pouvoirs (Superman), dont une énergie lumineuse qui se dégage de l’intérieur de ses mains (ah! Iron-Man, pour le coup). Evidemment les méchants aliens sont à ses trousses sur Terre pour le détruire lui et les quelques autres survivants (les autres « numéros »), et tant qu’à faire il va tomber amoureux d’une humaine, parce qu’on n’est vraiment pas à un cliché près. « Cliché », car la photographie est une passion à l’honneur dans le film, c’est tellement romantique.

Et c’est là toute la mixture dégoulinante que porte Numéro 4 sur grand écran : une forte dose de Smallville et des plans à la Twilight, le cocktail adolescent est détonant. Chose incroyable : le film dont la prévisibilité aurait poussé Paul Le Poulpe au suicide, s’emballe dans ses vingt dernières minutes avec le débarquement successif d’une fille sortie presque de nulle part — et pourtant personnage important — puis de deux monstres (ou chimères) se battant entre eux pour faire triompher leur camp. Le coup du chien transformiste, si vous ne le voyez pas venir dès l’arrivée du canin, vous êtes bon pour un rendez-vous chez l’ophtalmo. C’est tout le grand art de la réalisation du film : des plans tellement grossiers que les dialogues deviennent superflus.

Cerise sur le gâteau, Numéro 4 aimerait clairement être le premier volet d’une looongue saga avec plein d’aventures narrant cette véritable allégorie d’une odyssée manichéenne post-moderne. Pitié, non.

Le plus incroyable dans ce film qui réinvente le cinéma, c’est qu’il est doté de l’une des meilleures bandes originales de ces derniers mois, avec du Kings of Leon, The Black Keys, Adele, The XX, Beck… les oreilles s’en sortent bien.

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