SHAMELESS, version US, c’est le bordel. Pardon, le bazar total. Adaptation d’un hit britannique (10 saisons déjà!), la série de Showtime nous avait séduit en première année par son anarchie et son fond de bonnes intentions. On peut être à la limite de l’illégalité et pourtant être guidé par de bonnes intentions. Pour les Gallagher, c’est le cas : des parents absents, une fratrie s’auto-gérant sans forcément les moyens de le faire.
En deuxième année, on repart sur les chapeaux de roue. Forcément, entre des personnages déjà acquis, et des situations qui ne demandent qu’à exploser, il suffit de se servir. Si le père (génial William H. Macy) continue à dégringoler dans l’alcoolisme et les petites combines, chez les frangins/frangines c’est l’été à plein et la rentrée scolaire à venir. Autant dire beaucoup de temps libre pour laisser exprimer leur sens du quotidien, et la recherche d’argent pour vivre. Si la série ne joue pas à plein la carte existentielle, on suit chacun des frères et sœurs dans leur quête d’un équilibre encore précaire. L’un voit sa petite amie enceinte le rejeter, l’autre veut tenter une carrière dans l’armée tout en ne reniant pas son homosexualité, les plus jeunes s’interrogent sur leur parent et les premiers émois amoureux… Finalement, c’est aussi la plus âgée (Emily Rossum) qui a la plus grande part. La responsable, la chef de sa petite armée, qui voit tout remis en cause au retour de leur mère, et indirectement de son grand amour, qui débarque marié à une brésilienne après s’être évaporé à l’étranger pour échapper à la police.
Dans SHAMELESS, rien n’est définitif ni trop dépressif. Pour autant la série parvient à nous embarquer, entre vrais moments de rire, absurdité du réel & vrais moments dramatiques. Une série pleine de vie, qui arrive à chaque épisode à livrer un peu plus, et même si l’ensemble manque un peu de vrais surprises ou de remises en cause (pour l’instant), voilà un soap underground sans langue de bois ni paillettes, une série familiale qui fait du bien.
3.5 / 5