Beginners

Auteur d’un premier film remarqué, Thumbsucker, Mike Mills décide de faire dans l’autoportrait pour ce deuxième long métrage intimiste. Monté comme un vrai film indépendant à l’américaine, Mills entraîne un duo des plus charmants dans l’histoire de sa vie. Ou du moins, une réalité parallèle pas si éloignée..

1960. 1980. 2003. Oliver est illustrateur, et regarde la vie avec crédulité. Sa mère disparu, son père fait son coming out, avant de sombrer à cause d’un cancer, entouré de ses nouveaux amis (dont un semi-ridicule Goran Visnjic). Pour Oliver, c’est aussi le moment d’une rencontre, celle avec Anna, actrice fantasque et mystérieuse, également déchirée par des parents omniprésents. Entre désir d’évasion et héritage familial, les deux se croisent, se rencontrent, se retrouvent.

Mike Mills est un conteur, mais aussi un artiste à part entière. Les dessins et visuels vus dans le film sont ainsi de sa composition. Fabriquant son oeuvre composite avec des personnages, des intentions mais aussi des repères chronologiques (un gimmick dans le film, rappelant selon les années le Président, le ciel, etc..) pour mieux marquer l’évolution d’Oliver et de son entourage, Mills cultive la nostalgie et l’envie de vivre aujourd’hui loin du tumulte moderne. La construction de la relation entre Oliver et Anna se fait ainsi loin de tout, entre chambres d’hôtels, fête privée ou une voiture. Un cocon quasiment fermé pour mieux faire éclore leur amour, tout en offrant au récit les difficultés ordinaires de ce genre de choses.

Rien de bien original donc, mais tout en se doutant des derniers rebondissements, on suit avec envie leurs hauts et bas, magnifiquement enrobé dans une histoire douce amère. A l’instar de précédents films au même ton (Garden State, 500 Jours Ensemble…), Beginners saura ravir les fans du genre, tout en ne pouvant s’empêcher de rajouter une couche supplémentaire dans un pathos pas forcément nécessaire. Un peu trop de bons sentiments qui aurait pu nuire au récit, mais finalement Ewan McGregor est tellement à l’aise, et Mélanie Laurent pas forcément insupportable. On ne peut donc que succomber, tout en se demandant si toute cette tragédie était bien nécessaire. Un poil trop pessimiste, le récit aurait éventuellement (mais c’est là le choix du réalisateur) mérité un peu plus de couleurs… et de joie de vivre? Un film romantique, et réaliste, au final, un peu trop sans doute mais terriblement attirant…

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