Chronicle

Chronicle

Ah ces jeunes. On ne peut vraiment rien leur confier, et surtout pas des superpouvoirs.

Car Chronicle c’est ça : trois amis du lycée (à Seattle) qui se retrouve un soir exposés à une étrange substance. Cette dernière va leur conférer un puissant pouvoir de télékinésie ou psychokinèse : contrôler et déplacer des objets par la pensée. Pouvoir qu’ils vont peu à peu maîtriser et développer à la perfection (en apprenant à voler par exemple : car voler, c’est finalement faire de la télékinésie sur soi-même, voyez-vous). En résumé, nos trois amis — Andrew, Matt et Steve — vont devenir très forts. Et le film va nous détailler les usages qu’ils vont faire de leur pouvoir.

Chronicle est extrêmement bien réalisé : façon documentaire, caméra au poing (enfin, au début), on frôle le sans-faute avec des effets spéciaux ultra-crédibles. Et c’est ainsi que le film prend, en nous plongeant dans le quotidien (saccadé) de nos trois héros et notamment en creusant le personnage d’Andrew (celui qui a acheté la caméra) avec sa situation familiale difficile.

MAIS, car il y a un gros « mais », en majuscules, le scénario ne suit pas. Il est même complètement largué, souvent absent, effacé par la réalisation qui prédomine. Chronicle est creux. D’abord parce qu’il fait le choix de ne pas entrer dans les explications et de se contenter de la pure démonstration, ensuite parce qu’il s’enferme dans son message (« l’abus de superpouvoirs est dangereux pour la santé », avec ça vous irez loin dans la vie tiens) et ne réussit pas à s’en sortir. Le spectateur non plus, par la même occasion, qui se retrouve contaminé par cette frustration. « OK c’est très bien fait, mais et puis quoi ? » peut-on se dire à la fin du film. Méfions-nous des gens qui saignent du nez, si vous voulez un conseil.

3.5 / 5