Nouvelle donne française ? Kim Chapiron a démontré avec sa volonté et sa manière de faire (le collectif Kourtrajmé, SHEITAN et DOG POUND) qu’on pouvait tout tenter. Désormais assagi, père de famille, Chapiron continue son exploration d’univers clos. Après celui des prisons pour adolescents aux USA, le voilà embarquant sa caméra au coeur d’une école de commerce. Vase clos pour aventures modernes, il décrypte le cynisme ambiant des futures élites du pays.
Et ça fonctionne. Chapiron sait infiltrer une tension en continu sur l’ensemble de son film, comme dans DOG POUND, et présenter les enjeux simples de ses protagonistes. Ici, une danse à trois étudiants manipulateurs, déterminés à appliquer les lois du marché à travers un réseau de prostitution installé dans leur école. Quand la théorie devient réalité, le trio se découvre également, et doit assumer la prise de risque. Entre jeux de pouvoir et de séduction, Chapiron ne réinvente pas la poudre mais parvient à habiter les 1h30 de son film d’une grande question. Quitte à ne pas en livrer de réponse.
Car il conserve un certain sens de la provocation, Kim Chapiron. Et tout en ne faisant pas un portrait à charge des écoles de commerce, il se permet de ne pas foncer dans l’évident. Ses personnages sont complexes, leurs intentions parfois floues, et le résultat de tout ce mélange se laisse deviner… individuellement. A chacun de juger.
3 / 5