Don't Look Up - "On va tous mourir, lol"

Don’t Look Up – « On va tous mourir, lol »

Le blockbuster de Netflix au casting exceptionnel est une critique acerbe de l’aveuglement (et la stupidité) de la société, mais noie son message comme tant d’autres tentatives avant lui.

Fallait-il confier un film sur la fin du monde à Adam McKay ? C’est la question qui se pose quand on connaît les faits d’armes du trublion de la comédie américaine, en opposition à l’importance du message qu’il semble vouloir diffuser.

Car oui, Don’t Look Up est une comédie. La planète va être détruite par une comète, LOL, on va tous mourir. Adam McKay écrit et filme la réaction stupide de l’humanité mise en face de sa propre fin. C’est piquant, acerbe, extrêmement malin, intelligent et même clairvoyant sur les paradoxes qui font l’essence des hommes et femmes de ce monde. Les acteurs sont absolument tous en-dessous de leur niveau habituel, mais on s’en moque puisqu’on sourit, on rit, ou pouffe, et c’est le principal.

On a donné à Don’t Look Up beaucoup trop d’importance pour ce qui n’est, au final, qu’une comédie satirique. Les scientifiques et écologistes de tous bords se sont emparés du film pour l’analyser sérieusement alors qu’ils auraient du se contenter d’être de simples critiques de cinéma, comme tout le monde. Si Adam McKay avait réellement voulu mettre du sérieux dans son film, il n’aurait pas ajouté deux scènes post-générique absolument dispensables et qui édulcorent un peu plus encore le thème de la destruction de l’humanité. Les scientifiques pourront donc surtout puiser dans le film un nouvel exemple du formidable déni généralisé qu’ils rencontrent en sonnant l’alarme depuis des années, mais cela n’ira pas plus loin. Encore une fois.

Il ne faut pas oublier non plus que le scénario puise habilement dans un facteur exogène pour justifier la destruction de la Terre (une comète, donc une menace extérieure) plutôt qu’un facteur endogène (intérieur, comme, au hasard… les humains qui saccagent leur planète sans interruption depuis plus d’un siècle). Le facteur exogène, qu’on le veuille ou non, est finalement bien pratique pour détourner le regard des vraies causes, et se payer une bonne tranche de rire sur ses effets.

Car en définitive, ce que l’on retient de Don’t Look Up, c’est bien ça : on va tous mourir, lol.