Inferno

Réalisé par Danny Pang, Oxide Pang. Écrit par Tong Nicholl. Avec Louis Koo, Angelica Lee, Sean Lau, Chen Sicheng, Natalie Tong, Siu-Fai Cheung. Chine / Hong-Kong. 105 minutes. Sortie le 3 Octobre 2013.

Le film des frères Pang est dans la lignée de leur filmographie : la grosse production pour impressionner son spectateur. Leur film se pointe directement dans la catégorisation du divertissement pur. Ici, les deux cinéastes portent un hommage aux pompiers. C’est louable, mais l’éloge est tellement marqué que les traits sont grossis. A vouloir trop en faire, la mécanique du film perd de son authenticité et ainsi de sa valeur. Alors que le film part sur des bases intéressantes, et essaie de montrer quelques références, les frères Pang finissent par s’engluer dans les effets techniques. Il leur manque un style esthétique marquant, qui déterminerait le choix de leur narration.

Durant tout le film, les personnages fonctionnent dans une ambiance unique. Le problème de cette ambiance, c’est quelle est étirée sur des séquences qui se ressemblent. A force de jouer sur l’éloge, le film s’embourbe dans les répétitions pénibles. Ajoutez à cela quelques morts sous forme de sacrifices, et vous obtenez une épopée des plus académique. Le développement de cette épopée est telle que le film ressemble à un produit dopé de toute part. Notons également les fonctionnements des travellings pendant tout le film. Les mouvements de caméra ne servent uniquement qu’à justifier l’effet de spectacle divertissant. Dans ses mouvements, la caméra ne devient que le prétexte à capter un fait sensé impressionner. Et c’est relativement pénible à regarder.

Tout aussi lassant à regarder, ce sont tous ces ralentis qui ne servent qu’à une seule idée. Celle de montrer tout l’héroisme des pompiers. Cet effet est tellement pathétique dans sa résolution, qu’il va même jusqu’à manipuler de façon perverse le spectateur. Les frères Pang font de cet effet dégueulasse un argument de point de vue. Ainsi, le spectateur est contraint de suivre la cadence, et il est prisonnier d’un point de vue formaté. Il faudra également mentionné la bande sonore du film. Aussi bien les bruits d’ambiance que les musiques. Les bruits d’ambiance sont tellement appuyés, qu’ils sont utilisés pour justifier une tension. Tout comme la bande originale, où les musiques (que l’on a déjà entendu partout depuis l’arrivée du numérique) s’impose trop et marque la direction à prendre côté émotions et sensations. En quelque sorte, le film s’impose et le spectateur est simplement invité à contempler comme un simplet. Film calvaire.

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