Résultat catastrophique pour ce qui doit être l’album intimiste de l’une des plus grandes artistes rock de notre époque. Intimiste certes, mais ennuyeux surtout. Polly Jean, dans un accompagnement instrumental des plus légers, met sa voix en valeur sur cet album White Chalk poussif qui peine à atteindre la demi-heure. Niveau instruments donc, c’est le piano qui prédomine, ayant même droit à sa chanson. Même avec un piano on peut donner du tempo, mais l’artiste semble vouloir délibérément s’en passer.
Et pourtant si l’on adhère à la démarche on ne peut qu’être bluffé par la pureté de quelques morceaux comme l’éponyme White Chalk, ou Grow Grow Grow qui transporte complètement l’auditeur. Mais le problème du disque est grave : absence totale de rythme, cruel manque de renouvellement, et grosse tendance à la déprime. Il est terriblement difficile d’associer le nom de PJ Harvey à la musique contenue dans White Chalk, et c’est bien là le cœur de la déception, quand on a connu des titres comme This Is Love auparavant.
C’est donc le gros ratage de la rentrée, ou alors un carton assuré chez les suicidaires, qui est proposé par cet album. Et ce n’est pas forcément une partie de plaisir que de l’écrire, car on aime Polly Jean, on aime son esprit rock sombre. Mais ce recueil de ballades lancinantes ferait passer James Blunt pour Elvis et ça, ce n’est pas permis.