The Village – Saison 1

Je crois que je ne pourrais jamais remercier assez la BBC One. La chaîne anglaise nous produit et diffuse des séries vraiment incroyables. Et ça continue avec The Village. Pas besoin d’être passionné par le genre historique pour s’attacher à cette série. Comme le dit si bien le résumé de l’histoire, on assiste à un drama qui ne se prend pas la tête. Le contexte est celui de la Première Guerre Mondiale. Durant six épisodes, on suit les aventures des habitants d’un village durant la Première Guerre.

Et la série a choisi l’exercice le plus difficile : parler de la guerre de loin, à partir de ceux qui ne la font pas. Ainsi, avec ses hommes partant à la guerre, la vie au village se retrouvera chamboulée. C’est notamment le cas de la famille principale. Il faut noter que la série s’apparente à des flashbacks racontés. En effet, la série démarre avec un vieil homme qui se met à raconter son passé, à certainement une journaliste ou une cinéaste. Mais l’atout de la série est de se concentrer sur les personnages, et non sur les faits. Ceci permettra d’éviter au maximum la voix off du vieil homme.

Dans la série, on suit donc, en particulier, le sort d’une famille (père, mère et les deux fils) au sein du village. L’autorité d’un père, la soumission d’une mère, le travail d’agriculteur du père, la mère & épouse aimante, le fils aîné qui fait sa vie aux dépends de son père, le fils aîné qui partira à la guerre, etc… Chacun a une multitudes de problèmes à gérer. Entre amour, amitié, alcool, travail, c’est le quotidien qui est exploré dans cette série. Et à travers ces histoires, le petit Bert (qui est le narrateur, le vieil homme) est en pleine initiation des choses de la vie. A travers les autres personnages, il apprendra ce que la vie peut réserver de plus beau, et de plus terrible.

Puis il y a les autres personnages, tous aussi intéressants les uns que les autres. Là est la force de la série, dans le développement rigoureux de chaque personnage. Chacun a un caractère, une personnalité et des motivations différentes. Si bien que des personnages peuvent s’entendre avec d’autres, puis dans l’épisode suivant tomber en désaccord et retourner leurs vestes. Et que ça soit dans la narration, l’ambiance ou les intrigues, la série devient de plus en plus électrisante. On comprend vite que le sort de chacun est entre leurs mains. Et qu’un mauvais choix se paiera forcément.

Par contre, il ne faut pas avoir peur des grandes ellipses. Je ne citerais que le saut d’une année à une autre (voire même de deux années) entre épisodes. Le principal est de raconter les événements les plus importants de l’histoire du village. Un village qui, avec la guerre, va éclater en mille morceaux où secrets, trahisons et coups de gueule font le quotidien. Evidemment, le plus beau dans ce village, est sûrement la nostalgie consacrée à filmer l’époque. Le changement d’ambiance est la conséquence des grandes ellipses. Et cette différence d’ambiance, et aussi de ton (selon les personnages composant une intrigue), fait le charme de la série. Car la bande son de la série résonne comme une mélodie faite pour contempler une peinture.

On a l’habitude maintenant avec les séries de la BBC One. Séries à costumes, séries historiques et de nombreux personnages composent ces séries passionnantes. Les bases sont installées dans le premier épisode (ça peut même prendre tout le pilote entier, mais ça reste un grand plaisir) et les épisodes suivants se relâchent jamais la cadence. Ceci dû à une réalisation très propre, très rigoureuse et dont le cinéma devrait s’inspirer. On filme des personnages, et non une histoire. De ce fait, il y a un amour pour chaque personnage, qu’il soit bon ou mauvais. Et regarder un épisode devient agréable grâce à cette caméra qui va à la rencontre des acteurs.

Finalement, The Village est une série fascinante par son ambition et par son traitement. BBC One nous offre une nouvelle fois une très belle série d’époque. Une part d’historique (la Première Guerre Mondiale en fond au loin), des costumes magnifiques, des acteurs habités. Le plus passionnant, ce ne sont pas les intrigues, mais les personnages. Bien que les intrigues soient toutes tendues et faisant preuve d’une grande rigueur d’écriture, la réalisation prouve que c’est la caméra qui va à la rencontre des acteurs. Et non les acteurs qui intègrent un plan pour raconter une histoire. Un village où tout explose, où le quotidien sera bouleversé. Belle série sur la sociologie.

4 / 5