Forest Swords - Engravings : la critique de l'album

Matthew Barnes alias Forest Swords n’en est pas à ses débuts mais Engravings est son premier véritable album, après bon nombre d’EP qui avaient déjà posé son style.

Et son style, ce n’est pas facile de le définir, encore moins de l’étiqueter, tant Barnes s’amuse à mélanger les influences. Electro à la base certes, il dérive tant vers le dubstep que la pop, tout en restant dans une ambiance sombre voire inquiétante. Et ce côté « dark » lui va bien, habillant son univers musical avec des ombres, des spectres aussi bien sonores que vocaux. Ljoss, qui ouvre Engravings, emprunte sans détour ce chemin sinueux et inquiétant. Et c’est Thor’s Stone qui enfonce le clou en lui succédant dans une atmosphère d’abord angoissante, avant de glisser  vers un registre un peu plus léger.

Engravings est donc cette succession de pistes, de scènes musicales même, pleines d’échos et de réverbérations pour refléter une sensation d’espace, de perte et d’oubli de soi. Cela ne réussit pas toujours (Onward, Gathering… des titres qui restent indécis ou font des choix assez hasardeux) mais nous conduit plutôt bien au très bon Friend, You Will Never Learn, qui avec ses huit minutes est comme une porte de sortie qui se dessine lentement devant l’auditeur et l’invite à sortir de ce voyage sombre mais qui vaut la peine d’être vécu, et écouté. Forest Swords nous kidnappe puis nous libère, et on l’en remercie, pour les deux.

3 / 5