Vous vieillissez. C’est inéluctable. La société évolue avec vous, vos goûts (musicaux, littéraires…) évoluent également. Alors quand en 2024-2025 débarque un nouveau groupe de rock qui sonne et résonne comme il y a trois voire quatre décennies en arrière, vous êtes perplexe. Parce que c’est inattendu, parce que ça fait erreur système.

Brigitte Calls Me Baby, c’est donc ce groupe américain formé et porté par Wes Leavins, une voix à la Morrissey, un style et un visage au croisement de George Michael (jeune), Courtney Taylor-Taylor (très jeune) et d’autres références que l’on dira datées (certains y voient du James Dean). Mais c’est surtout, donc, une musique aux sonorités des Smiths, de The Cure, de Roy Orbison, d’Edwyn Collins… bref des musiques que vous avez rangées dans une playlist nommée « virée nostalgique » ou « rock classique » quelque part sur votre application, et qui ne ressortent plus si souvent.
Envolées vocales, cordes tendues, batterie frénétique et basse caressante, la recette est connue et le verdict est sans appel : elle fonctionne encore. Brigitte Calls Me Baby porte ce paradoxal vent de fraîcheur à partir d’ingrédients anciens. Mais du coup, faut-il encore les qualifier d’anciens alors qu’indubitablement ils sont l’une des composantes musicales de 2025 ? La nostalgie est parfois dangereuse, mais cette fois il n’y a pas à s’en cacher. Les sublimes Too Easy ou The Future is Our Way Out (également le nom du premier album) ont définitivement leur place dans la sélection musicale de l’année, même avec un peu retard. Car après tout, il n’est jamais trop tard pour les classiques.