Megapuss – Surfing

C’est souvent plus par curiosité que par attirance que l’on tombe sur certains albums. Megapuss, c’est un peu la pochette qui vous fera lever les yeux dans les rayons des disquaires. En sachant que derrière ce nom se cache Devendra Banhart (artiste talentueux mais dont j’aime environ une chanson sur cinq, surtout des musiques de pub) et Gregory Rogove de Priestbird. Et encore Fabrizio Moretti, le batteur des Strokes.

Sur le papier, du beau monde donc, mais on en revient à ce que je disais : une chanson sur cinq. Surfing, l’album de Megapuss, comprend 14 titres. Et le disque entier passe plutôt bien, mes stats sont compromises, car il contient de nombreuses (oui, de nombreuses) chansons intéressantes, même si pas forcément originales.

D’abord il y a le morceau d’ouverture, Crop Circle Jerk ’94, rien à redire à ce démarrage impeccable qui donne le ton revival du disque. Un peu plus loin, To The Love Within continue sur la lancée, tandis qu’enchaîne Adam & Steve (vidéo ci-dessous), premier grand moment de l’album grâce à un sample incroyable du titre Faith de George Michael. Et dans la foulée, vous avez avec Theme From Hollywood un titre qui n’aurait pas déplu à Jim Noir.

L’instant privilégié avec le disque intervient sur le titre éponyme Surfing : morceau planant, calme et presque transcendant, le genre de piste habitée qui vous qui arrache au quotidien et vous transporte complètement.

Malheureusement Surfing signe aussi le début de la « descente ». Les morceaux intéressants qui suivent n’ont pas le niveau du début, et ressemblent vraiment trop à des hommages plutôt qu’à des originaux. Le manque de rythme se fait également sentir. Comme exceptions, on notera Hamman, ou les sept minutes de Sayulita, morceau vraiment lent pour le coup mais qui tente de renouveller l’expérience de Surfing (en moins intense cependant).

Album à part, Surfing a cette qualité rare de proposer une vraie évasion auditive. Megapuss est un trio qui réussit ses mélanges, imposant un univers sans forcément créer des compositions inédites. Tandis que certains crieraient au plagiat, d’autres sauront y voir une profonde envie de faire ressurgir des émotions musicales passées.

2 / 5