Festival du Film d’Amiens 2013
À Lisbonne, Sofia mène une vie étrangement solitaire dans l’appartement où elle a grandi. Mariama arrive tout juste de Guinée-Bissau après avoir été embauchée par la mère de Sofia. Elle doit venir s’occuper de l’appartement délabré de Sofia ainsi que de son fils qui est cependant absent. Sofia commence par être méfiante mais leur cohabitation forcée fait naître une amitié entre les deux femmes qui va les aider à affronter leurs fantômes : la maternité, l’excision et la mort.
Il est nécessaire de préciser d’où vient le titre. Il s’agit du prénom de l’un des personnages du film. C’est une petite fille, mais qui n’apparait qu’au bout de 40 minutes. Et n’est visible que dans maximum cinq scènes, dans un total de 80 minutes de fiction. Autant dire que le choix du titre du film peut laisser perplexe, surtout quand le film ne se révèle pas être centré autour de cette petite fille.
Mais là n’est pas l’important. Même si ce n’est pas la seule incohérence du film. La réalisatrice portugaise (qui a déjà fait un long-métrage intitulé Cinerama) fait un portrait de femmes croisés. Sauf que le nombre de dialogues est facilement comptable. On sent la volonté de la part de la cinéaste de créer un jeu de miroir, entre ses deux personnages principaux. Qui sont deux mère. L’une est française et l’autre est guinéenne. Laissez les clichés de la pauvreté et de la domination au placard, le film ne traite pas de social.
C’est surtout un portrait de femmes. Leurs problèmes respectifs seraient trop longs à lister, mais il faut préciser qu’à chaque faille de l’une, l’autre subit aussi les conséquences. Mais rien n’est vraiment abouti. La réalisatrice, avec ce procédé, pointe du doigt une belle idée de mise en scène. La direction d’acteurs et le choix sur les décors (presque en huis-clos), la lumière, etc… sont indiscutablement propres. Mais voilà, le cadre a beau être auparavant réléchi et millimétré, il en reste un vide total. Déjà que le fond sonne creux à plusieurs reprises, la forme crée du beau pour faire beau.
Ce beau n’a rien à dire dans le film. Et c’est bien là le problème. Car avec toutes les préoccupations des personnages, il y avait autre chose à faire qu’un film sensoriel. Cela dit, le film fait preuve de différents partis pris de mise en scène. Isolements par-ci, déploiements par-là, etc… Et même si cela amène à des points de vue vainement intéressants, le rythme s’essoufle vite. A force de ne pas avoir grand chose à raconter, on se retrouve à tourner dans le vide.
On peut prendre comme exemple : toutes ces zones de flous orchestrées par la réalisatrice. La plupart du temps, ils sont inutiles. Surtout quand le flou dure même pas dix secondes, et que la zone floutée devient nette. De plus, lors d’une scène de dialogue, la française est au premier plan et la guinéenne au second plan. Un échange se crée, sauf que c’est le premier plan qui est flou. Tout le reste est très net, avant que le premier plan ne devienne net également une fois la dialogue terminé. A quoi bon discuter si ce n’est pour rien voir ?
Tout le but des répliques, c’est quand même de voir le jeu des actrices. La manière dont elles jouent ces situations, ces paroles. Aucune expression n’est visible, et les attitudes le sont à peine. En dehors de ces dialogues, les actrices montrent toute l’étendue de leur talents.
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