Booked Out

Écrit et Réalisé par Bryan O’Neil. Avec Rollo Weeks, Mirren Burke, Claire Garvey, Sylvia Syms, Gabriela Montaraz. Durée 83 minutes. Angleterre.

<< Ailidh est une fille qui a deux passions dans la vie : écrire des romans graphiques et espionner ses voisins. Jacob est son nouveau voisin, et Ailidh s’intéresse à ce mystérieux jeune homme. Ailidh trouvera plusieurs prétextes pour rencontrer et parler à Jacob. Mais elle n’est pas la seule fille dans la vie de Jacob. Pour que sa relation puisse prendre son envol avec Jacob, ils devront affronter leurs secrets les plus intimes. >>

Difficile de zapper une rom-com britannique. Avec leurs adaptations et autres films d’époques, c’est un peu comme leur spécialité. Ce long-métrage, que l’on trouve en VOD, le prouve totalement. Si on devrait réfléchir à la plus grande qualité des films britanniques, je n’hésiterai pas à répondre les personnages. Ce qui va de paire avec les acteurs, évidemment. Ici, la direction d’acteurs est d’une rigueur et d’une justesse fascinantes. Tout est fait pour que les acteurs se sentent à l’aise. Dans leur jeu, on sent une aisance dans le comportement. Chaque attitude parait très décontractée, très naturelle. Qualité imparable pour réussir un film de personnages.

Dans le casting, on peut y retrouver Mirren Burke. C’est sans aucun doute la révélation du film. L’actrice marque de son empreinte chaque espace où elle apparait. Il y a toujours une place, dans les espaces filmés, pour sa fougue et ses attitudes virevoltantes. Son énergie est communicative, car sa bonne humeur et son côté garçon manqué lui donnent un charme unique. A ses côtés, un Rollo Weeks qui montre avoir plusieurs couleurs à sa palette de jeu. En compagnie de Mirren Burke, il y a le doux et chaleureux jeune homme. Mais il sait également jouer la retenue et la tranquillité. Notamment dans sa façon de se contenir lors de certaines scènes, et de sa lâcher dans les suivantes. Enfin, il y a la pétillante Sylvia Syms. Mais aussi la surprenante Claire Garvey (coup de coeur personnel). La froideur de son personnage m’a beaucoup impressionné dès le début. Sa manière de tout exprimer par le physique, par l’épuration du texte. Puis, sa façon progressive d’éclater la bulle froide dans laquelle son personnage était enfermé. Performance envoûtante.

Toutes ces performances sont en pleine fusion avec la mise en scène de Bryan O’Neil. Mise en scène presque aérienne, tant la relation entre les personnages est plus forte que tout le reste. Bien que les accessoires, les décors et les couleurs des espaces filmés ont toute leur importance. Bryan O’Neil choisira de mettre en avant ses acteurs/personnages. Toujours filmés de près, rares sont les plans avec de larges espaces. Ce que le réalisateur désire, c’est montrer la sensibilité et le dynamisme de ses acteurs. Pour cela, la mise en scène s’effectue selon les personnages. Ballet de mouvements selon si Mirren Burke et Rollo Weeks sont dans le champ. Et un calcul de mouvements selon une retenue quand Claire Garvey est présente.

Concernant la forme du film, pas besoin pour Bryan O’Neil de faire des merveilles. Comme pour sa mise en scène, les acteurs survolent tout. Mais son découpage se révèle intelligent. C’est la qualité des réalisateurs britanniques, d’imposer leur propre vision. Non pas celle des personnages, mais sur les situations abordées. Remarquons les nombreux plans fixes dans le film. Seulement quelques mouvements de caméra sont à noter. Surtout pour révéler quelques détails narratifs (exemple d’une photo qui révèle un secret du passé). C’est vraiment le seul point noir du film. Dans le découpage, Bryan O’Neil compte beaucoup de plans courts. Mais ce n’est pas cela qui dynamise nécessairement le montage. Autant, dans les scènes avec Claire Garvey, les plans fixes renforcent la froideur de l’instant. Mais il aurait été bon de suivre la progression de la relation chaleureuse entre Ailidh et Jacob. Rares sont les fulgurances de caméra en mouvement, créant l’idée de tendresse et l’idée de drame intimiste.

L’ambiance est plutôt chaleureuse. Aucun temps mort n’est accordé au film. Soit parti dans le drame intimiste, par les secrets et les regrets. Soit parti dans la tendresse quand il y a connexion entre plusieurs personnages. On pense à la vieille dame jouée par Sylvia Syms, dont l’intrigue propre combine parfaitement les deux ambiances. Dans ces deux cas, il y a un dénominateur commun à l’ambiance. Qui n’est autre que l’humour So British. Il faut dire qu’il est difficile de résister à l’humour des britanniques. Le genre d’humour parfait pour se laisser emporter dans toutes les situations. Comme si, chaque situation peut se prendre à la fois au sérieux, et à la fois en dérision. Mais cet humour So British amène quelque chose de plus important. Comme de l’empathie pour les personnages. Ainsi que la décontraction du récit, où l’écriture devient alors plus fluide.

3.5 / 5
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