FIFAM 36 : Jour 4 – 15 Novembre

Stoppons les blagues pour ce compte-rendu, il y a une chose importante à signaler : la carte du centre-ville d’Amiens est mal fichue. Ou alors je dois passer ce coup de gueule envers moi-même, peut-être. Les horaires du Festival sont évidemment inchangeables, alors il faut parfois courir entre les salles, donc souvent traverser toute la rue piétonne. Il y a alors 3 solutions : soit je n’ai pas un bon cardio, soit je gère mal mon planning, soit la ville est mal foutue. Pour ma bonne conscience, j’opterai pour ma troisième solution. Autre coup de gueule aussi : au Champs-Élysées Film Festival, il n’y a pas de projections le matin, on a le temps de dormir. Ici, les projections peuvent commencer dès 10:00. Ainsi 2 solutions surviennent : soit je gère mal mon temps, soit il faut reculer les horaires matinales. Pour ma bonne conscience, peut-être que l’année prochaine j’opterai pour loger dans un hôtel abordable en centre-ville.

Tout ceci pour dire qu’en ce Jour 4, j’ai profité pour dormir un peu plus. Donc je n’ai pas vu de film dans la matinée. J’ai commencé ma journée sur le Festival en allant déjeuner. Moment toujours aussi triste, car plus les années défilent, moins il y a de gens au bar de la Maison de la Culture pour venir se poser et déjeuner de façon conviviale. Ce midi, j’ai donc déjeuné sur une table de huit personnes tout seul, en compagnie de mon smartphone.

Mon premier long-métrage de la journée fut AU REVOIR LES ENFANTS de Louis Malle. Le cinéaste signe là son retour en France après un exil aux USA durant une dizaine d’années. Il revient avec un film très personnel, une obsession qu’il met en scène avec sincérité chaleureuse, dans une esthétique digne des plus grands classiques. Un classicisme assumé qui s’écarte de la barbarie, pour évoluer dans une retenue pudique. Avec ces enfants, il s’agit du reflet de la cruauté des uns et l’humanité des autres. Quand l’amertume remplace l’innocence.

Ensuite, seulement une trentaine de spectateurs ont pu découvrir comme moi le nouveau « programme » intitulé ATLAS. Cela se rapproche de peu de Pygmalion, qui propose la découverte d’un(e) jeune cinéaste européen pour l’aider dans ses futurs projets et l’amener dans une résidence à la villa Médicis. Ici, ATLAS, pour sa première édition, ne fait que mettre en lumière. Mais le grand point fort de ce programme est son ambition éclectique : il s’agit de faire découvrir des jeunes cinéastes africains (ils étaient 3 durant cette semaine de Festival). Deux court-métrages ont été projetés, juste avant une table ronde. Je parlerai du contenu et de la forme de ces films dans un autre article, car ces trois cinéastes méritent une grande attention cinéphilique.

La journée se poursuit avec le visionnage de LE ROI DE COEUR de Philippe De Broca. Comédie burlesque envoûtante, sous forme de fable / de farce. On pourrait y voir une dimension surréaliste, mais il s’agit avant tout d’un film de guerre d’opérette. Ayant eu la malchance de sortir à une mauvaise période (quand LA GRANDE VADROUILLE a tout défoncé au box-office), le long-métrage est une belle parabole antimilitariste. Toutefois, le film s’embourbe dans les maladresses : entre redondances et démonstration de plus en plus lisse. Esthétiquement limitée alors qu’il s’agit d’une douce folie, le film est juste un bon divertissement qui mérite une étiquette « culte ».

La journée cinématographique se termine sur le film en compétition HEDI de Mohamed Ben Attia. Film tunisien dont je vous parlerai plus amplement dans une critique entière, prochainement.

Maintenant, le pire est que j’ai déjà mon accroche pour commencer mon compte-rendu de demain, mais que je n’ai pas d’idée pour conclure celui-ci. La fatigue ? Non, on va éviter de toujours l’accuser, la pauvre. Alors trois solutions s’offrent à moi : soit le Nectar d’abricot me manque, soit les potatoes au soja font un mauvais effet, soit je suis en panne. Pendant que je réfléchis à une conclusion, je dois mentionner que POLICE FEDERALE de Friedkin a eu une séance presque pleine hier, que celle de GEN D’HIROSHIMA était pleine aujourd’hui (des spectateurs ont même été recalées à l’entrée), je n’ose donc pas imaginer la séance de 2001 A SPACE ODYSSEY en Jour 5. De toute façon, je m’en fiche car je ne fais aucune de ces trois séances. Et là, je pense à mon pauvre compte en banque après être passé à la FNAC cette après-midi. A suivre.