“Materialists” : lent, bavard, futile… mais attachant

Un film qui frôle les deux heures alors qu'il aurait pu tenir avec un quart de temps en moins. On en prend plein les yeux, et on prend aussi quelques sentiments au passage.

Lucy (Dakota Johnson) est marieuse dans une agence de rencontres à New York. De son propre aveu elle est matérialiste, alors pas étonnant que son histoire avec son amour de jeunesse fauché (Chris Evans) se soit terminée sur fond de questions d’argent. Pas étonnant non plus que cette célibataire tombe sous le charme d’une « licorne » (Pedro Pascal) qui cumule les qualités qu’elle recherche : beau, intelligent, drôle et surtout… très riche.

La réalisatrice Celine Song (de l’excellent Past Lives notamment) déroule une histoire sentimentale teinté d’une légère critique du marché des rencontres, mais pas trop critique non plus. En réalité la société semble bien s’accommoder de tout (exigences physiques et morales, rencontre calibrées selon une liste de critères) et surtout du seul mariage qui semble être la quête universelle de l’humanité : l’amour et l’argent. Quand on prend du recul cela rend Materialists un peu triste.

Et puis le film se perd aussi beaucoup en paroles. Sur presque deux heures de durée, le raccourcir d’un bon quart aurait pu lui être bénéfique. Même si l’on aurait perdu en dissertations pseudo-philosophiques sur notre sacro-saint couple amour-argent, le message se comprend finalement assez tôt dans le film.

Materialists est un instantané d’une société urbaine et capitaliste qui s’assume. N’en déplaise aux vaines tentatives de nous montrer l’amour sous un angle pur et désintéressé. Nos protagonistes, tous enfermés dans leur rôle et leur prison sentimentale, finissent par en devenir attachants… sans pour autant attirer la compassion.