PIFFF 2013 – Les courts métrages internationaux

Poursuivons notre exploration du PIFFF 2013 avec la sélection des courts-métrages internationaux, choisis par Benjamin Leroy, nom célèbre dans le milieu du court-métrage. On notera que L’Espagne et l’Australie sont bien représentées cette année.

Baskin de Can Evrenol (Turquie)

Ce film suit le quotidien de policiers partis en mission et faisant face à ce qui ressemble à l’antre d’un culte satanique. Malgré quelques difficultés de compréhension de tout ce qu’il s’y passe, la réussite du film tient dans son ambiance particulièrement soignée. On flippe vraiment et de manière progressive. La fin est quelque peu décevante, virant au gore sans trop d’explication.

Habitantes de Leticia Dolera (Espagne)

L’humour s’est invité dans ce film, un humour assez sombre. La réalisatrice tente de nous présenter un personnage solitaire, presque anesthésié. Ses relations toutes particulières avec ses voisins, ses collègues, sont aussi drôles que désopilantes. Elle dénonce l’isolement de nos vies modernes avec des choix de cadres et de lumière très intéressants.

The Man Who Could Not Dream de Kasimir Burgess et James Armstrong (Australie)

Le grand vainqueur de cette sélection raconte la vie de Samuel, de 9 ans à sa mort. Audacieux en 15 minutes ? Le résultat est passionnant, poétique et habilement construit.

Day 6011 de Raf Wathion (Belgique)

On se concentre ici sur la vie monotone d’un robot effectuant la même tâche depuis 6000 jours. La façon dont il va gérer un élément perturbateur de son environnement est assez drôle. Avec son animation sublime, en noir, blanc et rouge, c’est le court-métrage qui a remporté mon suffrage, mon coup de cœur de la sélection.

Unicorn Blood de Alberto Vasquez (Espagne)

Encore de l’animation mais dans un genre très différent, entre punk et onirisme. On nous raconte l’histoire de deux oursons partant chasser la licorne pour s’en nourrir et pouvoir rester mignons. Le premier est un chasseur accompli, svelte et populaire, le second est gros, lent, pleurnicheur et incapable de se débrouiller seul. Les personnages sont bien écrits, percutants, alors même que le film dure moins de 9 minutes. Un film surprenant qui reste en tête longtemps.

Noise of The World de Coke Riobóo (Espagne)

Je n’ai pas du tout été sensible à ce métrage là. Et pourtant, il parle de musique et du monde : un musicien y entend tous les maux du monde et tente de retranscrire cela sur une scène. L’animation ne m’a pas séduite, trop épaisse et lente pour se laisser regarder. Le point de vue assez politique et manichéen du film déçoit.

Protocol de Rodrigo Hernandez (Mexique)

Voici un film quasi conceptuel. La narration n’y est pas très explicite. On comprend qu’il s’agit de clones et de protocole à respecter. Pas un seul dialogue et une ambiance très froide. Le maquillage et la lumière sont des réussites malheureusement peu suffisantes pour convaincre complètement.

8’47 de Nik Kacevski (Australie)

Une belle idée parcourt ce film qui, si j’ai bien ouvert les yeux, est un plan séquence de 12 minutes. Le voyage dans le temps est au cœur du sujet. Une jeune fille plonge dans la baignoire pour sauver sa sœur et revenir quelques minutes en arrière. Néanmoins, l’histoire s’étire trop, le rythme essouffle et tout cela aboutit vers une fin peu savoureuse.