Les générations futures diront sans doute que la créativité n’était pas au mieux dans le cinéma moderne, et ils auront en partie raison. Toutefois, en cherchant bien, on trouve toujours de petites pépites.. et même quelques bons films parmi les franchises d’Hollywood au budget monstre. Si LA PLANETE DES SINGES, dans sa volonté de relancer son histoire, a semblé être pragmatiques dans ses choix (en se focalisant sur la figure de César), son troisième volet fait figure d’exception dans le paysage actuel, drame de fond teinté d’un pessimisme concret, entre deux scènes réalisées avec élégance.
Matt Reeves semble avoir trouvé le ton juste. Celui qu’il a développé sur le deuxième volet, plus massif, plus guerrier, lutte entre deux peuples pour la survie. SUPREMATIE est un film de survie, celle bien vaine d’une espèce en extinction. Et un film d’espoir pour l’autre, en plein doute dans un exode complexe. Les comparaisons avec la politique actuelle sont évidentes, mais le film ne s’arrête pas à cela.
Et c’est bien l’implication des talents, l’équipe d’Andy Serkis derrière leurs masques numériques en tête, qui fait la différence. La technologie ne dissimule pas le travail fait par les acteurs. Reeves maîtrise totalement sa caméra pour offrir l’un des blockbusters les plus enthousiasmants de notre époque, conclusion passionnante d’une trilogie continuellement mutante. Expérience scientifique, puis film de guerre et finalement post-apocalypse dramatique, LA PLANETE DES SINGES n’a jamais peur de dépasser ses limites.
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