Sans Identité

Sans Identité

Encore un film avec un amnésique. Oui, mais celui-ci sort un peu du lot, et arrive plutôt bien à entretenir la confusion dans nos têtes jusqu’à son dénouement. Sans Identité raconte comment Martin Harris (Liam Neeson) se retrouve 4 jours dans  le coma à Berlin après un accident de taxi (conduit par Diane Kruger). A son réveil, le choc : un autre Martin Harris a pris sa place, auprès de sa femme (la ravissante January Jones de Mad Men), et à la conférence où il devait assister. Il a le même passé, les mêmes papiers d’identité. Imposture ? Complot ? Sans Identité laisse planer les théories assez loin dans l’histoire, et c’est ce qui est intéressant. On va même jusqu’à imaginer une explication fantastique à l’intrigue (transfert de personnalité dans un autre corps) mais il n’en est rien, ne perdez pas votre temps sur cette fausse piste, le film est plus malin que cela et évite cette facilité.

Si le scénario est finalement irréprochable, que penser par contre du portrait de la ville de Berlin dépeint par Sans Identité ? Une impression de vieux et crasseux s’en dégage (appartements miteux, mauvais temps toujours gris, population peu aisée…) qui ne fait pas forcément honneur à la capitale allemande. Étrange, même si cela ne gâche en rien les qualités du film.

CRITIQUE DE MG

Ersatz même pas planqué de Taken, Unknown nous ressert du Liam Neeson bad ass, sous couvert d’une perte d’identité assez mystérieuse. Mis en boîte par une star montante d’Hollywood, Jaume Collet-Serra, voici une livraison en moins de 90 minutes de ce qu’on peut avoir de plus commun dans le genre.

Prenez un succès. Mettons Taken, en plus c’est français (Europa Corp). Copiez collez ses principaux éléments : un Américain balancé en pleine Europe, un peu perdu. Evidemment il demande sa direction aux mauvaises personnes, et on part en course poursuite pour le reste du film. Dans le rôle titre, un Liam Neeson qui a tout compris à la bankabilité de son nouveau statut (entre deux Choc des Titans – en attendant le prochain Spielberg?), et nous ressert donc la même prestation, montre en main. Celle d’un grand scientifique, arrivant à Berlin et qui au terme d’un accident de voiture, se réveille pour découvrir qu’un autre à pris sa place! Ce qui n’a pas l’air d’étonner sa douce femme… Commence alors la recherche de la vérité, quitte à douter de sa propre nature.

Intéressant au premier abord, Unknown ne fait pourtant pas d’étincelles. Bien servi par un casting plutôt bien foutu (Kruger, Jones.. Neeson n’est pas trop logé – Langella pour faire le méchant, évidemment on y croit tout de suite), le film sait offrir de belles cascades et un tant soit peu de suspense. Surtout guidé par la question que le héros cherche à résoudre (qui est t-il? Réellement le scientifique, ou cela cache t-il autre chose?), on en vient à oublier le reste, ne laissant passer le long métrage que pour ses dernières minutes de résolution. Même pas persuadé que cela finisse bien (mais on en aurait été étonné..), le gros défaut du film est donc de ne pas entretenir le fil de l’histoire, le héros passant son temps à passer d’un interlocuteur à un autre. Dans Taken au moins, le héros avait l’avantage de pouvoir taper du bad boy sans complexe. Le pire ici étant le dénouement un peu capilo-tracté, vieille copie des films de paranoia soviétique des années 70′ (ce qui, vu le contexte berlinois, n’a rien d’étonnant – tiens, qui a dit Jason Bourne?). Tout est expliqué, et au final un peu trop (flashback..), donnant l’impression d’un scénario un peu trop lisse et linéaire.

Belle démonstration d’une équipe artistique et technique, Unknown nous la joue remake d’un succès précédent (bon, parce que c’est Liam Neeson), sans parvenir à démontrer de réelles qualités. Sans surprise, et sans excitation particulière, on en arrive donc à bout.

3.5 / 5