The Pirate Bay : Away from Keyboard

Qui ne connaît pas THE PIRATE BAY, le site de téléchargement le plus connu au monde ? Outre le fait d’offrir une plateforme d’échanges où chacun y fait ce qu’il veut (selon certaines rumeurs, il y aurait même des fichiers illégalement partagés…), les créateurs suédois de THE PIRATE BAY ont pour particularité le fait de prendre position, et au-delà de l’idée de partage initial se font entendre comme voix des pionniers du web. A l’image des Napster et autres services attaqués par les entreprises de l’entertainment culturel (Hollywood, les labels musicaux), les trois architectes du site ont du faire face à de nombreuses poursuites judiciaires. Une caméra s’est glissé à leurs côtés durant ces affrontements aussi juridiques que philosophiques, à l’heure où Internet révolutionne les pratiques de consommation.

Focalisé sur un procès intenté par les studios hollywoodiens, AWAY FROM KEYBOARD (appelation attachée au trio suédois pour incarner leur philosophie – internet étant réel, le « in real life » ne vaut rien) suit les passes d’armes entre un consortium d’avocats et de juges, et le trio diabolique, déterminé à ne pas se laisser faire. Face à des législations qui leur donnent tort, mais l’émergence de nouveaux comportements en ligne, THE PIRATE BAY a clairement l’intention de défendre sa propre opinion. Et tout en déjouant les artifices juridiques (sur la qualité d’hébergeur, sur la liberté de leurs utilisateurs), le film laisse un voile de doute sur leurs bonnes intentions. Clairement, la question des revenues du site, la personnalité des trois amis, rien n’est très clair et peut flirter avec le douteux (affiliation présumée pour l’un à l’extrême droite ou gauche, alcoolisme pour l’autre…). Et on ne ménage pas non plus l’establishment bourgeois : réseaux d’influence étrange avec le juge condamnant THE PIRATE BAY et les avocats des studios, sans remise en cause de la peine…. Le système paraît véreux, et le constat est alors assez flagrant.

Pris au piège de leur propre tentative de secouer le système, et de leur ego, les trois pirates de THE PIRATE BAY sont au final des génies philosophico-technologiques qui parviennent à jouer avec les règles, mais se heurtent irrémédiablement à un noeud juridique qui les met au tapis. Entre le doute sur l’objectivité du procès, et l’opacité du site en lui-même, qui flirte avec les organisations politiques (pour l’hébergement de leur serveur notamment), voilà un documentaire qui ne livre pas tous les éléments mais a le mérite de lever un coin du mystère. Les méandres du Web restent impénétrables, et les dirigeants de THE PIRATE BAY planqués quelque part en Asie.

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