Certains groupes de l’Oregon sentent plus l’Oregon que d’autres. C’est le cas de Greylag, qui porte le nom d’une oie sauvage et véhicule avec elle les images des forêts, des cabanes et d’autres clichés de cet état américain. En ce sens, lancer la lecture de Greylag (l’album éponyme) ne surprend pas. Vêtu de votre plus belle chemise bûcheron, vous plongerez dans ce folk-rock pas si classique (Yours To Shake, admirablement construite, ou le rythme effréné de Black Sky…) avec ses envolées et ses accélérations qui tranchent avec les conceptions pré-établies du genre. Tout cela vous emmènera de manière assez rapide — 37 minutes au total — vers un Walk The Night final posé et plus consensuel.
Le trio de Portland réussit donc aisément son premier album. La légende raconte (bon ok, ce n’est pas la légende, c’est le dossier de presse) que les neuf pistes de Greylag ont été retenues parmi pas moins de 65 démos. On y croit sans mal tant le résultat est qualitatif, et finalement plutôt exhaustif. Il reste du bois à couper pour la suite.
3.5 / 5