Les New-Yorkais de Radio 4 sont encore injustement méconnus, y compris même chez les amateurs de post-punk où les vieux ne jurent que par Gang of Four et les jeunes sont passés directement à The Rapture. Pourtant la fougue de Radio 4 n’est plus à prouver après des albums comme Gotham ! et Stealing of a Nation, et la recette est inchangée : des titres de rock dansant, c’est-à-dire des morceaux qui ne cherchent pas seulement à faire taper du pied au rythme de la musique mais qui provoquent réellement une envie de se déhancher sur une piste. Radio 4 c’est aussi une voix reconnaissable, celle d’Anthony Roman, toujours à la limite de la revendication dans son timbre, et qui rajoute à l’effet entraînant de la musique (et puis surtout, le qualificatif de “Primal Scream” lui va comme un gant, et ce n’est pas un hasard) ; un mélange parfait pour le genre, avouons-le. C’est une des raisons pour lesquelles on excuse au groupe son manque d’originalité au fil des pistes, parce qu’il est là pour faire ce pourquoi on à envie de les entendre. On n’écoute pas Radio 4 pour des ballades ou des titres de rock "traditionnel", mais bel et bien pour leur style particulier.
Dans ce nouvel album donc, la satisfaction est totale, avec des titres meilleurs que d’autres, c’est tout. Et c’est déjà beaucoup car il n’y a pas encore d’embouteillage pour faire ce genre musical. On notera ainsi que Enemies Like This (le premier morceau), Too Much To Ask For, Grass Is Greener sortent du lot, et même All In Control dans une moindre mesure imprime sa basse dans les esprits pendant un bon moment.
D’autres titres plus "calmes" (tout est relatif) font largement écho à leurs prédécesseurs sur Stealing of a Nation , comme Everything’s In Question rappelle Nation, et This Is Not A Test fait penser à Shake The Foundation. On trouve cependant des touches de nouveautés dans cet album, avec notamment le rythme dub fort agréable de Ascension Street. D’un autre côté, Radio 4 reprend aussi ce qui fait qu’ils ont influencé des groupes plus récents comme Bloc Party avec (Always A) Target qui n’a rien à envier aux titres de Silent Alarm .
Et puis pour conclure l’album (d’une durée de 42 minutes), la mention spéciale “dancefloor” revient à As Far As The Eye Can See, son petit côté groovy et sa bonne humeur irresistibles. Encore une fois, Radio 4 réussit son coup, notamment à l’approche de l’été, en proposant des morceaux efficaces pour séduire un public aimant le rock et la décontraction.
- Enemies like this
- Packing things up on the scene
- Too much to ask for
- Grass is greener
- Everything’s in question
- This is not a test
- Ascension street
- (Always a) target
- All in control
- As far as the eye can see