Sparklehorse – Dreamt for Light Years in the Belly of a Mountain

Cinq ans après le magnifique It’s A Wonderful Life , c’est une véritable résurrection pour Sparklehorse que ce quatrième album. Un Sparklehorse brillant après avoir été au plus sombre, Mark Linkous étant passé par les cases « drogue » et « dépression ».

C’est le producteur touche-à-tout Danger Mouse (déjà coupable sur Gorillaz et Gnarls Barkley) qui va permettre à Dreamt for Light Years in the Belly of a Mountain d’aboutir. Le résultat est à la hauteur de l’attente, car fort heureusement on entend peu la présence de Danger Mouse sur l’album, si ce n’est par petites touches, comme lorsqu’il gâche la fin de Mountains par exemple. Mais dans l’ensemble, c’est bien Sparklehorse que l’on retrouve avec plaisir, dans des mélodies remplies d’émotions, fragiles sans être déprimantes, avec la voix de Linkous parfois sur le fil du rasoir pour ajouter à l’intimité du disque.

Et puis Sparklehorse, c’est aussi la capacité d’enchaîner des titres différents tout en conservant sa personnalité. Vous arrivez donc sur It’s Not So Hard sans être prévenu ni préparé, mais découvrez un véritable morceau rock (bien que Ghost In The Sky également énergique avait déjà créé son petit effet) comme on sait Linkous capable d’en faire. Car il faut dire que dans l’ensemble, on est surtout proche de la petite mélodie délicate, même si l’album démarre magnifiquement par un titre pop des plus agréables, avec une combinaison de sonorités à mi-chemin d’un jeune Radiohead et d’un regretté Elliott Smith. Aimer ce premier single, c’est donc aimer l’album. Aimer It’s A Wonderful Life c’est l’assurance de retrouver avec joie des titres comme Shade And Honey, même Mountains (sans sa fin donc) et Morning Hollow qui sonnent comme l’album précédent. La petite baisse constatée sur Knives Of Summertime n’est finalement que temporaire et surtout, elle laisse place au morceau éponyme, Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain, véritable monument instrumental où cette fois Mark Linkous se laisse aller à ses démons et son obscurité, en livrant son morceau le plus intime, sans aucune parole, sur plus de dix minutes. Une terrible clôture d’album qui sonne presque comme un adieu, terrifiant.

En conclusion, l’attente est amplement récompensée. Des bons albums, on en trouve à la pelle. De bons albums qui sont de surcroît charismatiques, c’est plus rare. Avec Sparklehorse, Mark Linkous continue de faire partager en musique des émotions fortes, qu’elles soient positives ou négatives.