The Good, The Bad & The Queen

Et si le problème de Damon Albarn était de ne pas savoir jouer assez d’instruments pour faire une vraie carrière solo ? Au lieu de cela, le voici condamné à monter groupe sur groupe depuis Blur (dont la reformation fait de plus en plus de bruit), autant de projets comme autant de nouveaux noms et de nouveaux musiciens. Ici, il s’agit de Tony Allen (ex-batteur de Fela Kuti), le guitariste Simon Tong (ex-Verve et Blur intérimaire) et le bassiste Paul Simonon (ex-Clash et également peintre, c’est lui qui donne l’image du groupe).

Avec de telles étiquettes peut-on douter du résultat ? Pas vraiment. Absence totale d’effet de surprise, The Good, The Bad & The Queen , éloge de l’Angleterre version XIXe siècle résonne presque comme la suite du dernier album de Blur, Think Tank , l’énergie en moins. Mais on ne s’en rend pas forcément compte immédiatement, tant le début de l’album est excellent : de History Song jusqu’à Herculean, on croît tenir la première merveille de 2007. La suite détruit tout, les oreilles s’habituent et finissent pas protester : manque flagrant de rythme sur les pistes, voix monotone d’Albarn qui en devient désagréable, c’est une véritable « platitude » qui dégonfle toutes les belles promesses du commencement du disque. Seuls sursauts dans cet électrocardiogramme horizontal, Green Fields et peut-être le dernier titre éponyme tenteront de redorer l’image ternie dans les tons sépia que nous montre la pochette. C’est justement le feu qu’il manque à l’album. Il n’est pas question d’autodafé ici, juste de déception. The Good, The Bad & The Queen s’apprécie en y piochant ça et là quelques morceaux au détour d’une playlist, mais beaucoup moins en écoute continue.

2.5 / 5