Weezer : I Love the USA avec Patton Oswalt

Il y a dix ans et une poignée de mois, un collègue disait de Weezer qu’ils savent « faire cette power pop qui plaît tant, fraîche et pleine de légèreté, sans migraine et idéale pour des journées ensoleillées et dynamiques. » : c’était à l’occasion de leur cinquième album « Make Believe » (2005). Aujourd’hui, le constat est identique pour l’un des groupes roi de la pop américaine. En période de campagne présidentielle aussi pathétique que drôle à regarder, Weezer ne se gêne pas pour rejoindre la liste des personnalités dérangés par le climat politique américain actuel. Surfant sur une vague où les artistes montrent que l’art peut aussi jouer avec la politique, Weezer envoie un pic à Donald Trump.

En France, on a eu le droit au grand cri d’amour aussi visuel, sensuel que parlé de Danielle Arbid avec PEUR DE RIEN (dont la magnifique Manal Issa incarne la protagoniste). Aux USA, Weezer lance également un grand cri d’amour à leur pays. Ils l’aiment et l’expriment à leur manière : un pays qu’ils qualifient comme un « endroit pas si mal », où règne la diversité (« I was born that way »), réputé pour être un pays libre (« land of free, I’m on my way »). Jusqu’à associer le « fuck » et le « great » dans une même phrase : « fuck yeah, this place is great ». Tel un cri de rage, mais plutôt une ballade où les instruments se la jouent doucement, sur un air sentimental au caractère nostalgique, un voyage poétique composé pour rendre hommage à Juno, une mission de la NASA.

En attendant, le génie comique Patton Oswalt interpète un redneck américain dans le clip, qui provoque un revirement total du sens de la chanson. Arborant les trois couleurs des USA, le clip et son comédien se moquent inlassablement d’un comportement soumis à l’idiotie du sensationnalisme. Ce redneck saute les pieds joints dans l’erreur idéologique causant une bourde monumentale : tel un danger nucléaire. Parce que c’est qu’annonce le clip : avec un redneck agissant tel un enfant fou dans le bureau ovale, le pays va provoquer des incidents mondiaux graves. En se déguisant comme des agents de sécurité tentant de stopper le redneck, les membres de Weezer signent sanguinairement leur opposition à Donald Trump et ses idées, jusqu’à parodier son fameux slogan de campagne « make American great again ».