Ne le nions pas, au coeur des productions de la CW, chaîne plutôt adolescente nous ayant servi alternativement SMALLVILLE, SUPERNATURAL et d’autres, l’arrivée d’un second couteau comme le (Green) Arrow se devinait comme une piètre tentative d’utiliser le catalogue de DC Comics. Et bien mea culpa : si la qualité de l’ensemble est certes très éloigné des standards actuels, avec même quelques défauts habituels, ARROW se révèle assez sombre et inquiétant pour terminer sa première saison. Le passage du DARK KNIGHT de Nolan a sans doute encore frappé.
ARROW, c’est ici un fils de millionaire, enfant gâté mais survivant d’un naufrage le laissant quelques années vagabondé sur une île déserte. On découvrira dans une série de flashbacks le début de ses aventures solo sur l’île (pas la peine de chercher du LOST ici, nous en sommes quand même très loin), la série se focalisant sur son retour à la civilisation et une mission vengeresse. Arrow, héros sombre, doit donc nettoyer la ville, sa ville, des brigands qui la fréquentent. Un tueur à gages post mortem donc, pour réparer l’injustice de la mort de son père. Dans tout cela, on nous concocte évidemment une belle série de seconds rôles, de la famille au meilleur futur ex-ami-ennemi, une galerie de méchants de la semaine et des arch-nemesis sur la durée.
Côté ingrédients, la série fait donc bien les choses, et vous en aurez pour votre argent. Côté finitions, c’est là que le bas blesse. Pour ne pas trop s’éloigner de la case jeunesse, ARROW se doit d’insérer assez de romance (souvent sous jacente, histoire de créer les clans chez les fans des futurs passions sulfureuses), , de conflits familiaux et d’amitiés à tous les niveaux. Une dose non négociable de patos, de rivalités dans une mise en scène somme toute anodine pour ne pas choquer. Mais entre deux méchants descendus à l’arme blanche (l’arc le plus souvent), ARROW laisse échapper quelques brides de héros ténébreux qui n’hésite pas à tuer son prochain, froidement. Rien que pour cela, c’est une évolution chez les superhéros du petit écran et on se demande si cela pourrait être le début de quelque chose pour DC…
3 / 5