Treme – Saison 2

La série évènement de HBO, lancée avec ses consoeurs Boardwalk Empire ou True Blood (un poil plus ancienne), a fait tranquillement son nid dans la grille au point de ne plus embêter personne. Pas grand monde devant, et pourtant une des plus belles séries de ce petit écran. A croire que le network ne l’autorise que par sa renommée, et sa classe absolue. Fille perdue des créateurs de The Wire (Sur Ecoute), Treme parle de renaissance et d’espoir, tout comme des problèmes de la reconstruction à la Nouvelle Orléans, quelques mois après le passage de l’ouragan Katrina, et de la première saison.

On retrouve nos héros (plus ordinaires que nous) dans leur vie, là où nous les avions laissés, entre drame et chants. Treme sait distiller une ambiance particulière, celle d’une ville d’histoire, de générations mais aussi d’un mélange extrême des genres, des musiques. Se relevant à peine d’un orage meurtrier, d’une Katrina ayant balayé la ville, La Nouvelle Orléans doit faire face à la précarité, la violence, le désordre. Bien que nous propulsant plusieurs mois après, la deuxième saison trouve peu de souffle pour nous parler de cette ville. Le retour à la normalité se fait presque, alors que la musique reste plus que présente à chaque coin de rue. Chacun doit trouver sa façon de survivre, certains partent à New-York pour trouver du travail, d’autres commencent à retrouver des cachets comme musicien, l’un décide de créer un label pour faire bouger les choses… Face à cela, le chaos continue, les fusillades se multiplient, la police tente d’endiguer cela, tout en cachant certains accidents noyés dans les flots de l’ouragan.

Racontant leur histoire de manière bien plus posée que pour The Wire, les scénaristes s’éloignent de la série classique pour mieux se rapprocher d’un quotidien réaliste. Loin des trafics de drogues ou de l’action à tout va, Treme nous sert sur un plateau des portraits d’individus, servant à représenter la ville en elle-même, entre leurs doutes, leurs incertitudes, leurs joies ou leurs peines. Et surtout un espoir immense. Celui placé dans l’ancien temps, la gloire de la ville, l’esprit qui les guide, et celui de l’avenir. Servi sur une musique pleine de vie (jazz, blues….), Treme est un vrai bijou de télévision, loin des shows pour teenagers acidulés. Certainement moins glamour, bien plus vivant, la Nouvelle Orléans se trouve ici un porte drapeau multicolore des plus classieux, qui donnent bien envie d’aller jeter une oreille sur place. Quitte à mettre les pieds dans la terre fertile de Louisiane.

5 / 5