Acclamé aux festivals de Sundance et de Berlin, Cobain: Montage Of Heck est une plongée cinématographique viscérale dans la vie de Kurt Cobain et de sa carrière avec Nirvana. Le réalisateur Brett Morgen y mélange archives personnelles de Cobain et entretiens avec les membres de sa famille et ses plus proches confidents.
Bande-son du docu, Montage of Heck: The Home Recordings n’est donc pas un album de titres non-réalisés, raretés ou autres faces-B. Oui, il y a quand même des démos (des « early demos » plutôt, donc du vraiment peu avancé). Mais c’est surtout une plongée intime auditive dans l’univers créatif d’un artiste, dans ce que le génie peut avoir de plus humain. Essais, tâtonnements, erreurs, bafouillages…
Kurt Cobain, l’homme seul avec sa guitare, se dévoile. On le savait déjà, c’est un guitariste correct sans plus (à écouter : Letters to Frances) ; alors c’est plutôt avec sa voix qu’il se sent plus à l’aise d’expérimenter. Grognements, montées dans les aigus (parfois désagréables) ou tentatives caverneuses, une constante demeure : une mélancolie parfois maquillée de touche de folie, mais le spleen est là, omniprésent. La musique apparaît comme le remède, le calmant à un esprit torturé. L’album est probablement à caler non loin du DVD pour avoir un portrait complet du mythe Cobain.
3 / 5